Estampes Hiroshi Nagai : éviter les contrefaçons
Comment identifier une estampe authentique de Francis Bacon et éviter les contrefaçons lors d'un achat en ligne
Une estampe authentique de Francis Bacon est une édition signée et numérotée, publiée par sa succession ou des éditeurs agréés comme Marlborough Graphics, imprimée à l’encre pigmentaire archiviste sur papier pur coton de 250–310 g/m², et répertoriée dans son catalogue raisonné officiel—tout autre produit est une reproduction, une lithographie offset ou une contrefaçon pure et simple.
Les mentions d’édition : la seule preuve définitive d’authenticité
Chaque estampe légitime de Francis Bacon fait partie d’une édition strictement limitée, chaque épreuve étant signée à la main au crayon et numérotée (par ex., 42/75). Les estampes invendues d’éditions annulées sont marquées « H.C. » (hors commerce) ou « P.P. » (épreuve d’imprimeur) ; celles-ci apparaissent parfois aux enchères, mais leur valeur pour les collectionneurs reste inférieure à celle des œuvres numérotées. Le Francis Bacon : Catalogue Raisonné (2016, The Estate of Francis Bacon/Thames & Hudson), autorisé par la succession, recense toutes les éditions authentiques—il est indispensable de vérifier toute annonce en la confrontant à ses entrées.
Méfiez-vous des reproductions ou « posters » en édition ouverte, produits en masse par lithographie offset à des fins décoratives. Ceux-ci ne portent ni signatures, ni numéros d’édition, et n’utilisent pas de matériaux archivistes. Selon l’International Fine Print Dealers Association, une véritable édition limitée est « un nombre fixe d’impressions tirées d’une seule plaque ou d’un ensemble de plaques, après quoi la plaque est défigurée ou détruite ». Aucune exception ne s’applique à l’œuvre de Bacon.
La différence matérielle : giclée archiviste vs. lithographie offset
Les estampes authentiques de Bacon sont produites en giclées archivistes : encres à pigments (et non à colorants) sur papier 100 % coton, généralement de 250–310 g/m² (par ex., Hahnemühle Photo Rag ou Somerset Velvet). Ces supports répondent aux normes de la Fine Art Trade Guild pour une permanence « de qualité muséale »—100 ans et plus sans décoloration sous un vitrage anti-UV. Les lithographies offset, en revanche, utilisent des encres à colorants sur papier de pâte de bois (120–170 g/m²) et se dégradent visiblement en 10 à 20 ans, même à la lumière indirecte.
Le département Estampes et Multiples de Christie’s souligne que les éditions autorisées de Bacon ont été imprimées par des ateliers renommés comme l’Atelier Crommelynck (Paris) ou Marlborough Graphics (Londres), tous deux utilisant des techniques de taille-douce ou de sérigraphie—et non de reproduction numérique. Un vendeur proposant une « giclée » de Bacon sans provenance attestée par la succession est soit mal informé, soit malhonnête : l’artiste est décédé en 1992, et aucune giclée posthume ne figure dans son catalogue raisonné.
Où prospèrent les contrefaçons : plateformes, tarifs et signes d’alerte
Les fausses estampes de Bacon pullulent sur les places de marché généralistes (par ex., eBay, Etsy, Amazon) et les sites d’« marchands d’art » non vérifiés, souvent proposées entre 50 et 300 USD. Les éditions authentiques, même pour des formats réduits comme Étude pour un portrait (1985, 30×40 cm / 12×16 in), commencent à 8 000–12 000 USD chez Sotheby’s ou Christie’s. Les estampes des séries majeures (Papes hurlants, Trois études pour des figures au pied d’une crucifixion) dépassent régulièrement 20 000 USD.
Signes d’alerte majeurs :
- Aucune marque d’éditeur. Les estampes authentiques portent les marques aveugles de Marlborough Graphics ou de l’Atelier Crommelynck.
- « Signé dans la plaque. » La signature de Bacon était toujours apposée à la main après impression ; une signature mécanisée dans la plaque indique une reproduction.
- Finition brillante. Les estampes autorisées de Bacon utilisaient des papiers mat ou satiné ; les finitions glossy sont caractéristiques des posters commerciaux (voir la définition de la Tate des « posters »).
- Formats irréalistes. Les estampes de Bacon respectent des dimensions standard en art (par ex., 50×70 cm / 20×28 in, A2). Les « œuvres murales » surdimensionnées (par ex., 80×120 cm) sont invariablement des contrefaçons.
Certificats d’authenticité : les informations obligatoires
Un certificat d’authenticité valide pour une estampe de Bacon est émis par la Succession Francis Bacon ou la Marlborough Gallery et comprend :
- Le numéro exact de l’édition (par ex., « 12/50 ») et le titre.
- Le nom de l’éditeur et l’emplacement de la marque aveugle (par ex., « Marlborough Graphics, en bas à droite »).
- Le type de papier et les spécifications de l’encre (par ex., « Somerset Velvet 300 g/m², encre pigmentaire archiviste »).
- La chaîne de provenance, avec les anciens propriétaires ou les archives de ventes aux enchères (par ex., « Ancienne collection : Christie’s Londres, Art d’après-guerre et contemporain, 12 mars 2015, Lot 42 »).
Les « certificats de galerie » génériques ou les cachets notariés sans ces détails sont sans valeur. La collection d’estampes du Metropolitan Museum of Art montre que même les grandes institutions s’appuient sur une authentification dirigée par l’éditeur—aucun expert tiers ne peut contredire les archives de la succession.
Pourquoi la crainte des contrefaçons est justifiée—et comment l’éliminer
Le marché des fausses estampes de Bacon exploite trois failles : la mort de l’artiste (empêchant une authentification directe), la haute valeur de son œuvre et la méconnaissance des normes de l’estampe par les acheteurs. Selon le rapport Art Market d’Artsy, plus de 60 % des « Bacon » proposés sur les plateformes secondaires sont soit des lithographies offset non autorisées, soit des reproductions numériques étiquetées à tort comme des giclées. Le risque financier est tangible : une fausse estampe de Deux Figures (1953) peut coûter 200 USD à l’achat, mais sa valeur de revente chutera à 0 une fois le faux révélé.
Pour éliminer tout risque, deux étapes sont nécessaires :
- Acheter uniquement auprès de sources primaires. Le site officiel de la Succession Francis Bacon liste les revendeurs agréés. La Marlborough Gallery (New York/Londres) et la Galerie Lelong (Paris) sont les seuls vendeurs autorisés pour les éditions posthumes.
- Exiger un rapport d’état pré-achat. Les vendeurs sérieux fournissent des images haute résolution du verso de l’estampe (montrant les marques de l’éditeur), un test sous lumière UV (révélant les motifs de fluorescence des encres pigmentaires archivistes) et une analyse des fibres du papier (coton vs. pâte de bois).
Il n’existe aucun raccourci. Un prix « trop beau pour être vrai » est toujours synonyme de contrefaçon—que le vendeur prétende qu’il s’agit d’une « pépite cachée » ou d’une « sortie de collection privée ».
Questions fréquentes
Une finition mate ou brillante est-elle plus authentique pour les estampes de Francis Bacon ?
Les estampes authentiques de Bacon utilisent des finitions mates ou satinées sur papier coton. Les finitions brillantes indiquent des reproductions commerciales. Pour une exposition dans un intérieur, le mat réduit les reflets sous un éclairage ambiant, tandis que le satiné offre une légère réflectivité sans la distorsion du brillant. Aucun des deux n’affecte l’authenticité—seuls les matériaux et marques de l’éditeur comptent.
Quelle est la différence de qualité entre une lithographie offset et une giclée archiviste ?
Les lithographies offset utilisent des encres à colorants sur papier de pâte de bois (120–170 g/m²), s’estompant en 10 à 20 ans. Les giclées archivistes emploient des encres pigmentaires sur coton pur (250–310 g/m²), durables 100 ans et plus sous protection UV. Les collectionneurs privilégient les giclées pour leur pérennité ; les lithographies servent à des fins décoratives. La succession de Bacon n’a autorisé ni giclées posthumes ni lithographies en édition ouverte.
Quelles sont les estampes de Francis Bacon les plus souvent contrefaites ?
La série Papes hurlants (d’après Velázquez), Trois études pour des figures au pied d’une crucifixion (1944) et Étude pour un portrait (1985) sont des cibles fréquentes. Les contrefaçons mesurent souvent 50×70 cm ou 70×100 cm, imitent le format triptyque et manquent de marques aveugles d’éditeur. Christie’s recommande de vérifier toute estampe dans le catalogue raisonné de 2016 avant achat.



Sources et lectures
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